Long Dort Poems
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How beautiful and discreet, this port, at night,
When you listen to fado, come that voice, Misia
It becomes deep and mysterious, sonorous,
Its numerous lights are warm as wool.
How enchanting this port, at night, o night
Between the sea and the starry sky that sleeps,
Its illiterate cranes are so stupid, yes,
Yet they really know the pain of the world,
How beautiful, so quiet on the horizon, this port,
When listening to fado, O Misia, my queen,
We want to love you like Lisbon or Porto, now
I understand Rimbaud abandoning poetry.
Qu’il est beau et discret, ce port, la nuit,
Quand vous écoutez du fado, cette voix, Misia
Il devient profond et mystérieux, sonore,
Ses lumières sont chaudes comme la laine.
Qu’il est enchanteur ce port, la nuit, O nuit
Entre la mer et le ciel étoilé qui dort,
Ses grues analphabètes sont si bêtes, oui,
Elles savent pourtant la douleur du monde,
Qu’il est beau, si calme sur l’horizon, ce port,
Quand on écoute du fado, O Misia, ma reine,
On veut t’aimer comme Lisbonne ou Porto, Enfin,
Je comprends Rimbaud qui abandonne la poésie.
On the tides of words,
The eyes too light,
In the running of zebras,
I’m looking for it,
Under the wool, night dreams,
On the precious jewels,
The faces without worries,
I’m still looking for it,
On the torn heart,
By the Mayan treasures,
On the sleeping sun,
I’m looking for it,
In my nervous city,
In the fields of olive trees,
On the softened glass,
I’m looking for it,
In the bed of sources,
On the stopped trains,
On the docile clocks,
In the riddles of heaven,
I find it,
The happiness you’re running from.
Sur les marées de mots,
Les yeux trop légers,
Dans la course des zèbres,
Je le cherche,
Sous la laine, rêves nocturnes,
Sur les bijoux précieux,
Les visages sans soucis,
Je le cherche encore,
Sur le cœur arraché,
Par les trésors mayas,
Sur le soleil qui dort,
Je le cherche,
Dans ma ville nerveuse,
Dans les champs d’oliviers,
Sur le verre adouci,
Je le cherche,
Dans le lit des sources,
Dans les trains arrêtés,
Sur les horloges dociles,
Dans les énigmes du ciel,,
Je le trouve,
Le bonheur que vous fuyez.
La route, c’est traverser l’Amérique, mille fois,
C’est un idéal, qu’on ne réalise que parce qu’on est en vie,
C’est un rêve qu’on poursuit dans une voiture,
C’est des montagnes qui barrent l’horizon mauve et rose.
C’est résoudre des équations du troisième et quatrième degré ?
La route c’est l’amour qu’on tient entre ses mains,
C’est des palmiers, qu’on salue avec son chapeau,
C’est des motels où l’on dort avec ses nouveaux amis,
C’est un grand Lynx qui se cache dans le désert texan.
La route c’est le sable et les diamants, les serpents,
C’est la station Texaco où l’on remplit le moteur,
C’est l’imagination que l’on dresse avec un fouet,
C’est l’ennui qui nous sauve du travail saoulant,
Tout est possible quand on prend la route, tout.
Même le temps s’arrête....La route sauve nos âmes.
La route is to cross America, a thousand times,
It is an ideal, which we realize only because we are alive,
It’s a dream that we pursue in a car,
It is mountains that block the purple and pink horizon.
It Is solving third and fourth degree equations
La route is love that we hold in our hands,
It is palm trees, which one salutes with his hat,
It’s motels where you sleep with your new friends,
It is a large lynx hiding in the Texas desert.
La route is sand and diamonds, rattle snakes,
This is the Texaco station where we fill the engine,
It is the imagination that is raised with a whip,
It is the boredom that saves us from drunken work,
Everything is possible when you take the road, everything.
Even time stands still.... La route saves our souls.